Le DMR : une radiocommunication numérique accessible, mais réglementée
La radiocommunication numérique occupe une place croissante dans les échanges professionnels, associatifs et radioamateurs. Parmi les technologies les plus répandues figure le DMR, pour Digital Mobile Radio. Cette technologie apporte une meilleure organisation des communications, une qualité audio relativement constante et différentes fonctions numériques. Toutefois, posséder un poste DMR ne signifie pas que l’on peut émettre librement sur toutes les fréquences.
La F.F.A.R.A.S rappelle que le DMR est une technologie de transmission et non une bande de fréquences ni une autorisation d’émettre.
Qu’est-ce que le DMR ?
Le DMR est une norme européenne de radiocommunication numérique développée principalement pour les réseaux mobiles professionnels. Elle est également largement utilisée par les radioamateurs et peut, sous certaines conditions, être employée sur la bande PMR446. Dans sa configuration courante, le DMR utilise un canal d’une largeur de 12,5 kHz, organisé en deux créneaux temporels appelés Time Slot 1 et Time Slot 2. Deux communications distinctes peuvent ainsi être organisées sur un même canal radio, à condition que le réseau et les équipements soient correctement configurés.
La programmation d’un poste DMR peut comprendre plusieurs paramètres :
- la fréquence d’émission et de réception ;
- le Color Code ;
- le créneau temporel ou Time Slot ;
- le groupe de communication ou Talk Group ;
- les contacts individuels ou collectifs ;
- les listes de réception ;
- éventuellement un identifiant numérique.
Ces paramètres permettent d’organiser les communications, mais ils ne donnent aucun droit particulier d’utiliser une fréquence.
Qui peut utiliser le DMR ?
Le DMR peut être utilisé par des particuliers, des associations, des entreprises, des collectivités ou des radioamateurs. Les conditions dépendent toutefois entièrement du réseau et des fréquences employés.
Trois grands cadres doivent être distingués :
- le DMR ou la radiocommunication numérique sur PMR446 sans autorisation individuelle ;
- le DMR utilisé par les radioamateurs ;
- le DMR exploité dans le cadre d’un réseau mobile professionnel.
Le DMR sur PMR446 : un usage accessible à tous
Un particulier, une association ou une entreprise peut utiliser des appareils numériques PMR446 sans examen, sans indicatif et sans autorisation individuelle.
La bande PMR446 s’étend de : 446,000 à 446,200 MHz.
Cette utilisation est libre sous réserve de respecter les conditions techniques applicables. Les appareils doivent notamment être portatifs, disposer d’une antenne intégrée et ne pas dépasser une puissance apparente rayonnée de 500 milliwatts. L’ANFR précise que l’utilisation d’équipements PMR446 dans cette bande n’est pas soumise à une autorisation individuelle, mais qu’elle ne bénéficie d’aucune protection contre les brouillages. Il n’est donc pas possible d’installer librement un relais PMR446, une station fixe puissante ou une antenne extérieure destinée à augmenter la portée.
Un poste DMR professionnel de plusieurs watts n’est pas automatiquement autorisé sur les fréquences PMR446. Le simple fait de réduire sa puissance ou de programmer une fréquence PMR446 ne suffit pas : l’équipement doit lui-même respecter les caractéristiques réglementaires du service PMR446. Cette solution peut convenir à des communications locales entre bénévoles, signaleurs ou membres d’une association.
Elle présente cependant certaines limites :
- puissance réduite ;
- portée dépendante du relief et des obstacles ;
- absence de fréquence réservée ;
- absence de protection contre les brouillages ;
- impossibilité de garantir la disponibilité du canal ;
- absence de priorité pour les communications associatives.
Le DMR-PMR446 ne confère donc aucun statut de réseau d’urgence, de sécurité ou de service officiel.
Le DMR radioamateur : certificat et indicatif obligatoires
Les radioamateurs utilisent fréquemment le DMR, notamment sur les bandes :
- 144 à 146 MHz ;
- 430 à 440 MHz.
Ces bandes ne sont pas libres d’utilisation. Pour y émettre, il faut réussir l’examen radioamateur, obtenir le certificat d’opérateur puis demander l’attribution d’un indicatif personnel. L’ANFR organise les examens portant sur la réglementation et la technique radioélectrique. Après la réussite aux épreuves et la réception du certificat, le titulaire peut solliciter l’attribution de son indicatif.
Le DMR radioamateur peut être utilisé :
- en communication directe entre deux stations ;
- par l’intermédiaire d’un relais radioamateur ;
- au moyen d’un point d’accès personnel ;
- sur des réseaux reliant plusieurs relais, lorsque les règles applicables sont respectées.
L’identifiant DMR utilisé sur certains réseaux numériques ne remplace jamais l’indicatif radioamateur officiel.
Une personne possédant uniquement un identifiant DMR, mais aucun certificat ni indicatif radioamateur, n’est pas autorisée à émettre sur les bandes du service amateur.
Les communications radioamateurs doivent également rester dans le cadre du service amateur. Un réseau radioamateur ne doit pas être utilisé comme un réseau professionnel permanent au profit d’une entreprise ou d’une activité commerciale.
Le DMR professionnel : des fréquences attribuées
Une entreprise, une association, une collectivité, un établissement public ou un organisme ayant des besoins particuliers peut envisager la création d’un réseau DMR professionnel.
Ce type de réseau peut être adapté à différentes activités :
- organisation d’événements ;
- coordination d’équipes mobiles ;
- sécurité de sites ;
- transport ;
- industrie ;
- chantiers ;
- activités sportives ;
- assistance associative ;
- gestion de moyens techniques.
Les réseaux mobiles professionnels sont généralement soumis à une autorisation d’utilisation de fréquences délivrée par l’Arcep. L’instruction des demandes est assurée par l’ANFR pour le compte de l’Arcep. Le demandeur ne choisit pas librement une fréquence disponible dans son poste.
Il doit présenter ses besoins, notamment :
- la nature de l’activité ;
- la zone géographique concernée ;
- le nombre de postes ;
- les besoins en communications directes ;
- la présence éventuelle de stations fixes ou de relais ;
- la puissance envisagée ;
- la hauteur et le type des antennes ;
- le caractère permanent, temporaire ou itinérant du réseau.
L’administration peut ensuite déterminer les fréquences utilisables et les conditions techniques d’exploitation.
Plusieurs régimes peuvent être retenus : attribution sur une zone géographique, assignation à un emplacement déterminé ou utilisation partagée sans garantie de protection. Les autorisations individuelles sont généralement accordées pour une durée de cinq ans et peuvent donner lieu au paiement de redevances annuelles. Une fois le réseau autorisé, les salariés, membres ou bénévoles désignés peuvent utiliser les postes sous la responsabilité du titulaire de l’autorisation. Ils n’ont pas à devenir radioamateurs, car ils interviennent sur un réseau professionnel déclaré et autorisé.
Simplex, relais et paramètres numériques
En fonctionnement simplex, les postes émettent et reçoivent sur la même fréquence. Cette configuration est adaptée aux communications directes sur une zone relativement limitée. Un relais DMR reçoit les communications sur une fréquence et les retransmet sur une autre. Il peut améliorer la couverture d’un secteur, mais son installation nécessite un cadre réglementaire approprié.
Le Color Code, les Time Slots et les Talk Groups ne remplacent pas les autorisations :
- le Color Code permet de différencier des systèmes utilisant un même canal ;
- le Time Slot détermine le créneau temporel utilisé ;
- le Talk Group définit le groupe logique destinataire ;
- l’identifiant DMR identifie un utilisateur ou un équipement au sein du réseau.
Même parfaitement programmé, un poste reste illégal s’il émet sur une fréquence non autorisée ou avec des caractéristiques techniques non conformes.
Quel intérêt pour la F.F.A.R.A.S. ?
Pour les activités de la F.F.A.R.A.S., le DMR peut représenter une solution intéressante pour organiser les communications entre équipes, notamment lors d’exercices, de manifestations ou d’actions associatives. Le PMR446 numérique peut répondre à des besoins simples et locaux. Son utilisation reste toutefois limitée par sa faible puissance, l’absence de relais et le partage des canaux avec tous les autres utilisateurs.
Pour un réseau structuré comprenant des véhicules, des stations fixes, des antennes extérieures ou des relais, la solution la plus adaptée serait généralement l’étude d’un réseau DMR professionnel faisant l’objet d’une autorisation de fréquences. Un tel projet devrait être construit à partir des besoins réels de la Fédération : couverture souhaitée, nombre d’utilisateurs, zones d’intervention, équipements nécessaires et organisation des communications.
La réglementation avant la programmation
La F.F.A.R.A.S. invite les utilisateurs à ne jamais programmer au hasard des fréquences découvertes sur Internet ou enregistrées dans un appareil d’occasion. Une fréquence silencieuse n’est pas nécessairement libre. Elle peut être attribuée à une entreprise, à un service public, à un réseau de transport, à un établissement hospitalier ou à un autre utilisateur autorisé.
Avant toute émission, il convient donc de vérifier :
- le service auquel appartient la fréquence ;
- les droits nécessaires pour l’utiliser ;
- la conformité du matériel ;
- la puissance autorisée ;
- les conditions d’installation des antennes ;
- la possibilité ou non d’utiliser une station fixe ou un relais.
Le DMR constitue un outil moderne et performant, mais son utilisation doit rester conforme à la réglementation.
La technologie numérique ne rend pas les fréquences libres : elle permet seulement de mieux organiser les communications lorsque leur utilisation est légalement autorisée.
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Rédacteur: Jean NEURDIN – Création F.F.A.R.A.S ©
Fédération France Alliance Radiocommunication Assistance Signaleurs ®


