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SIGNALEURS : LES OUTILS INDISPENSABLES

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Du gilet au talkie-walkie : les outils indispensables pour assurer efficacement une mission de signaleur

Lors d’une manifestation sportive, associative, culturelle ou festive, les signaleurs occupent une position essentielle. Placés aux intersections, aux accès sensibles ou le long d’un parcours, ils contribuent à informer les usagers, à sécuriser le passage des participants et à signaler rapidement toute difficulté à l’organisation. Mais la bonne volonté ne suffit pas. Pour intervenir efficacement et en sécurité, chaque signaleur doit disposer d’un équipement adapté, connaître son utilisation et recevoir des consignes précises avant sa prise de poste. Certains outils sont imposés par la réglementation dans le cadre des manifestations sportives sur la voie publique. D’autres, sans être systématiquement obligatoires, sont vivement recommandés pour améliorer la visibilité, la communication et la protection des bénévoles.

Le premier outil du signaleur reste le vêtement de haute visibilité. Il permet aux automobilistes, cyclistes, participants et autres usagers de repérer immédiatement la personne chargée de la sécurisation du parcours. Dans le cadre des épreuves et compétitions sportives organisées sur la voie publique, le Code du sport prévoit que les signaleurs doivent être identifiables au moyen d’un gilet de haute visibilité conforme aux dispositions du Code de la route. Ils doivent également pouvoir produire rapidement une copie de l’arrêté autorisant l’épreuve. Un simple vêtement de couleur jaune ou orange ne garantit pas nécessairement une visibilité suffisante. Il est préférable de choisir un vêtement portant un marquage de conformité, équipé de bandes rétroréfléchissantes et correspondant aux conditions réelles de la mission.

La norme NF EN ISO 20471 définit notamment trois classes de vêtements à haute visibilité en fonction du niveau de risque et de la visibilité recherchée. L’INRS recommande de sélectionner ces vêtements après une analyse des risques et de vérifier leur confort ainsi que leur compatibilité avec les autres équipements.

Pour les missions longues ou réalisées par mauvais temps, le gilet peut être complété par :

  • une veste imperméable à haute visibilité ;
  • un pantalon rétroréfléchissant ;
  • des chaussures fermées et antidérapantes ;
  • des gants adaptés à la saison ;
  • une casquette, un bonnet ou une protection contre le soleil ;
  • des vêtements chauds en période hivernale.

Le vêtement ne doit pas être masqué par un sac, un manteau sombre ou un autre équipement.

Pour certaines manifestations sportives sur la voie publique, la signalisation réglementaire utilisée par les signaleurs est le piquet mobile à deux faces, modèle K10. Ce panneau présente généralement une face rouge demandant l’arrêt et une face verte autorisant la reprise de la circulation. Le Code du sport précise qu’un panneau K10 doit être prévu par signaleur lorsque ce dispositif est applicable à l’épreuve. Le panneau doit être tenu de manière visible, face aux usagers concernés. Les gestes doivent être simples, fermes et compréhensibles. Le signaleur ne doit pas agiter le panneau sans nécessité ni donner des indications contradictoires. Avant de remettre les véhicules en circulation, il doit obtenir l’autorisation prévue par l’organisation ou s’assurer que le passage des participants est entièrement terminé. Les signaleurs à motocyclette peuvent, dans les conditions prévues par le Code du sport, régler manuellement la circulation sans panneau K10 lorsqu’ils portent un casque homologué et un gilet de haute visibilité. Ils doivent alors utiliser les gestes réglementaires nécessaires pour arrêter puis remettre les véhicules en circulation.

Les barrières, cônes de signalisation, rubalises et panneaux temporaires permettent de matérialiser une zone interdite, un changement de direction ou un danger particulier. Ces équipements ne doivent cependant pas être installés de manière improvisée par un signaleur. Leur implantation doit être prévue par l’organisateur, correspondre au plan de sécurisation et respecter les prescriptions de l’autorité compétente. Dans le cadre des manifestations sportives concernées, des barrages de type K2 peuvent notamment être utilisés lorsqu’ils sont présignalés et portent la mention « Course ». Les véhicules ouvreurs et les véhicules-balais peuvent également être équipés de panneaux signalant le début et la fin de la course.

Les principaux équipements collectifs peuvent comprendre :

  • des barrières de sécurité ;
  • des cônes ou balises temporaires ;
  • de la rubalise ;
  • des panneaux directionnels ;
  • des panneaux d’information destinés au public ;
  • des dispositifs d’éclairage temporaire ;
  • des panneaux annonçant le début et la fin de la manifestation.

Une barrière ne doit jamais être déplacée sans autorisation. Elle peut protéger une zone dangereuse, un passage réservé aux secours ou un espace destiné aux participants.

Le talkie-walkie est devenu l’un des outils les plus importants du signaleur. Il permet de prévenir le poste de commandement, de recevoir l’annonce de l’arrivée des participants et de signaler immédiatement un accident, un véhicule engagé sur le parcours, une personne en difficulté ou un obstacle. Pour les événements de taille limitée, des appareils PMR446 conformes peuvent être utilisés. La bande 446–446,2 MHz relève en France d’un régime d’autorisation générale, sous réserve d’utiliser des équipements respectant les conditions réglementaires applicables.

L’organisation doit définir avant le départ :

  • le canal radio utilisé ;
  • un éventuel canal de secours ;
  • l’indicatif de chaque poste ;
  • le nom ou le numéro du responsable radio ;
  • les mots de procédure ;
  • les messages prioritaires ;
  • la conduite à tenir en cas de panne ou de perte de liaison.

Un message radio efficace doit être court et précis. Le signaleur doit commencer par identifier le destinataire, annoncer son propre poste, décrire les faits puis attendre les instructions.

Exemple :

« Poste de commandement de Poste 12. Véhicule engagé sur le parcours au carrefour de la mairie. Passage actuellement bloqué. Demande d’instructions. »

Il faut éviter les conversations personnelles, les messages trop longs et les informations imprécises. Le canal doit rester disponible pour les communications opérationnelles et les urgences. Une oreillette peut améliorer l’écoute dans un environnement bruyant. Elle ne doit toutefois pas isoler complètement le signaleur des bruits de la circulation. Une oreille doit rester disponible pour percevoir l’arrivée d’un véhicule, les avertisseurs sonores et les consignes données à proximité.

Le téléphone portable constitue une solution de secours utile, mais il ne doit pas être considéré comme l’unique moyen de communication. Une saturation du réseau mobile, une batterie déchargée ou une couverture insuffisante peuvent rendre l’appareil inutilisable. Il est donc préférable de combiner le téléphone avec un réseau radio organisé.

Le signaleur doit enregistrer avant sa prise de poste :

  • le numéro du responsable de secteur ;
  • le numéro du poste de commandement ;
  • le numéro du responsable de l’organisation ;
  • les numéros d’urgence ;
  • le contact du responsable radio ;
  • le numéro d’un remplaçant ou d’un binôme.

Une batterie externe chargée et un câble adapté peuvent être particulièrement utiles pendant une mission de plusieurs heures. Le téléphone ne doit jamais détourner l’attention du signaleur. Consulter les réseaux sociaux, prendre des photographies ou passer un appel personnel pendant la surveillance d’un carrefour peut mettre en danger les participants comme les usagers.

Chaque signaleur devrait recevoir une fiche de mission individuelle. Ce document permet d’éviter les hésitations et les interprétations personnelles.

La fiche peut préciser :

  • le numéro et l’emplacement du poste ;
  • l’heure d’arrivée demandée ;
  • l’heure théorique de passage ;
  • la durée prévisionnelle de la mission ;
  • le sens d’arrivée des participants ;
  • les voies à surveiller ;
  • les accès à maintenir libres ;
  • le canal radio ;
  • l’indicatif attribué ;
  • les coordonnées du responsable de secteur ;
  • la procédure de fin de mission.

Une carte ou un plan du parcours doit également être fourni. Le signaleur doit pouvoir situer les postes voisins, le poste de commandement, les accès de secours, les zones de stationnement et les itinéraires de déviation. Le Code du sport prévoit que les délais de présence des signaleurs, la mise en place des équipements et leur retrait peuvent être fixés par l’arrêté autorisant l’épreuve. La mission ne prend donc pas automatiquement fin après le passage du dernier participant : le signaleur doit attendre l’autorisation de quitter son poste.

Selon la nature de l’événement, le signaleur peut avoir besoin de présenter ou de consulter plusieurs documents :

  • une copie de l’arrêté municipal ou préfectoral ;
  • la fiche de poste ;
  • le plan du parcours ;
  • les consignes générales de sécurité ;
  • la liste des contacts opérationnels ;
  • le règlement de la manifestation ;
  • une carte ou un badge d’identification ;
  • une fiche permettant de noter un incident.
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Dans les manifestations sportives concernées, la possibilité de produire rapidement une copie de l’arrêté autorisant l’épreuve constitue une exigence réglementaire. Ces documents peuvent être conservés sous forme papier, dans une pochette étanche, et sous forme numérique sur le téléphone. Une panne de batterie ne doit cependant pas empêcher l’accès aux consignes essentielles.

Le sifflet peut être utilisé comme moyen d’alerte de proximité. Il permet d’attirer rapidement l’attention d’un autre signaleur ou d’avertir d’un danger immédiat. Il ne remplace ni le panneau K10 ni les consignes verbales. Son utilisation doit être codifiée afin d’éviter la confusion. Le porte-voix est utile pour diffuser une information à un groupe, demander au public de reculer ou communiquer dans un environnement très bruyant. La réglementation prévoit notamment que les signaleurs occupant les véhicules ouvreurs ou les véhicules-balais peuvent utiliser un porte-voix. Cet outil doit rester réservé aux consignes nécessaires. Un volume excessif ou des messages agressifs peuvent créer des tensions avec le public.

La nuit ou lorsque la visibilité est réduite, l’éclairage devient indispensable.

Le matériel peut comprendre :

  • une lampe de poche ;
  • une lampe frontale ;
  • un bâton lumineux ;
  • un éclairage de position ;
  • des piles de rechange ;
  • une batterie externe ;
  • une veste comportant des bandes rétroréfléchissantes.

La lampe ne doit pas être dirigée directement vers les yeux d’un conducteur. Elle doit servir à rendre le signaleur visible, à éclairer sa zone de travail ou à examiner un obstacle. Les dispositifs lumineux ne doivent pas être confondus avec les équipements réservés aux véhicules prioritaires ou aux services d’intervention.

Un signaleur peut rester immobile plusieurs heures. La chaleur, le froid, la pluie et le vent doivent donc être anticipés.

Une dotation individuelle peut comprendre :

  • de l’eau en quantité suffisante ;
  • une protection solaire ;
  • une veste imperméable ;
  • des vêtements chauds ;
  • une couverture de survie ;
  • une collation ;
  • des chaussures adaptées ;
  • un petit sac étanche.

Le confort n’est pas secondaire. Un signaleur frigorifié, déshydraté ou épuisé perd progressivement sa capacité de concentration. L’organisateur doit prévoir une relève lorsque la durée de mission ou les conditions climatiques le nécessitent.

Une petite trousse de premiers secours peut être mise à disposition de chaque secteur ou de chaque équipe. Elle peut contenir des gants à usage unique, des compresses, des pansements, une couverture de survie et du matériel de protection élémentaire. Le signaleur ne doit accomplir que les gestes correspondant à sa formation. Il doit protéger la zone, alerter les secours et transmettre des informations précises.

En cas d’accident, il convient notamment d’indiquer :

  • le lieu exact ;
  • la nature de l’accident ;
  • le nombre de victimes ;
  • les dangers persistants ;
  • l’état apparent des personnes ;
  • les accès disponibles pour les secours.

Le signaleur ne remplace ni les services de secours ni les professionnels de santé.

Un carnet étanche et un stylo permettent de noter une heure de passage, l’immatriculation d’un véhicule, un incident, une consigne reçue ou l’identité d’un témoin. Après la manifestation, une fiche de compte rendu peut être remise à l’organisateur. Elle contribue à améliorer les dispositifs futurs et à conserver une trace des événements significatifs. Le rapport doit rester objectif. Il faut décrire les faits observés sans accusation ni interprétation personnelle.

Exemple :

« À 15 h 42, un véhicule gris s’est présenté par la rue de l’Église. Le conducteur a refusé de suivre la déviation. Le responsable de secteur a été informé par radio à 15 h 43. »

Le meilleur équipement devient inefficace lorsqu’il est mal utilisé. Avant chaque manifestation, un briefing doit rappeler :

  • le rôle exact du signaleur ;
  • les limites de sa mission ;
  • l’utilisation du panneau K10 ;
  • les gestes d’arrêt et de remise en circulation ;
  • les procédures radio ;
  • les consignes d’urgence ;
  • le comportement à adopter face à un conducteur mécontent ;
  • les conditions de relève ;
  • l’autorisation nécessaire avant de quitter le poste.

Un signaleur doit rester calme, courtois et visible. Il ne doit jamais se placer au milieu de la chaussée sans nécessité, tourner le dos à la circulation ou tenter de bloquer physiquement un véhicule. En cas de refus d’un conducteur, la priorité consiste à protéger les personnes, à relever les informations utiles lorsque cela peut être fait sans danger et à prévenir immédiatement le responsable de l’organisation.

Une dotation individuelle correctement préparée pourrait comprendre :

  • un gilet ou une veste de haute visibilité ;
  • un panneau K10 lorsque la réglementation et le dispositif l’exigent ;
  • une radio chargée ;
  • une oreillette adaptée ;
  • un téléphone portable ;
  • une batterie externe ;
  • une fiche de poste ;
  • un plan du parcours ;
  • une copie de l’arrêté ou un moyen d’y accéder rapidement ;
  • une carte d’identification ;
  • un sifflet ;
  • une lampe ;
  • un carnet et un stylo ;
  • de l’eau ;
  • une protection contre la pluie, le froid ou le soleil.

Cette dotation doit être contrôlée avant le départ et restituée à la fin de la mission. Les batteries doivent être chargées, les radios testées et les documents mis à jour.

Les signaleurs représentent souvent le premier contact entre l’organisation et les usagers de la route. Leur attitude, leur visibilité et leur capacité à communiquer participent directement à la réussite de l’événement. Leur fournir un gilet ne suffit donc pas. Une mission sérieuse nécessite une préparation, un matériel contrôlé, un réseau de communication, des documents précis et une véritable coordination. Les outils apportent la visibilité et les moyens d’agir. La formation apporte la compréhension. L’organisation apporte la cohérence. C’est l’association de ces trois éléments qui permet au signaleur d’accomplir sa mission efficacement, tout en protégeant les participants, le public, les usagers et sa propre sécurité.

Important : les équipements et procédures doivent toujours être adaptés à la nature de la manifestation, aux prescriptions de l’arrêté municipal ou préfectoral, aux règles techniques de sécurité applicables et aux consignes données par l’organisateur.

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Rédacteur: Jean NEURDIN – Création F.F.A.R.A.S ©
Fédération France Alliance Radiocommunication Assistance Signaleurs ®

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