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STATION RADIO D’URGENCE : ÊTES-VOUS PRÊT ?

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ÊTES-VOUS PRÊT À DEVENIR UNE STATION RADIO D’URGENCE ?

Posséder un poste radio est une chose. Être capable de maintenir une communication lorsque les moyens habituels sont perturbés en est une autre. Matériel, alimentation autonome, antenne, procédures, entraînement : une station réellement préparée se construit bien avant qu’une situation exceptionnelle ne survienne.

La radiocommunication possède une particularité précieuse : dans de nombreuses configurations, elle permet à deux stations de communiquer directement, sans dépendre du réseau téléphonique mobile ou d’une connexion Internet.
Mais pour que cette possibilité devienne réellement utile lorsque les circonstances l’exigent, il ne suffit pas de posséder un poste CB, un PMR446 ou une station radioamateur.

Il faut être préparé, organisé et entraîné.

C’est précisément l’un des objectifs que souhaite développer la F.F.A.R.A.S à travers sa démarche de recensement des stations de réseau d’urgence possibles en France.

Il convient tout d’abord de préciser le terme.

Dans la démarche de la F.F.A.R.A.S., une « station radio d’urgence » ne signifie pas que son opérateur devient un service de secours ni qu’il bénéficie d’une quelconque prérogative particulière. Il s’agit avant tout d’une station volontaire susceptible de maintenir ou de faciliter des communications d’entraide lorsque les moyens habituels sont perturbés ou indisponibles. Son rôle peut notamment consister à maintenir le contact entre plusieurs personnes ou stations, recevoir une information, la retransmettre au sein d’un réseau ou contribuer à maintenir un lien entre différents secteurs.

La F.F.A.R.A.S. rappelle que cette démarche est complémentaire des dispositifs officiels et ne doit jamais interférer avec les fréquences ou les communications réservées aux services de sécurité et de secours.

Le meilleur poste radio du monde devient inutile si son propriétaire ne sait pas correctement l’utiliser.
Avant toute chose, un opérateur doit être capable de répondre à quelques questions simples :

  • Comment allumer et régler mon poste ?
  • Comment sélectionner un canal ou une fréquence ?
  • Comment régler le volume et le squelch ?
  • Comment changer de mode lorsque cela est autorisé ?
  • Comment vérifier mon antenne ?
  • Comment connaître l’état de ma batterie ?
  • Que faire si je n’entends personne ?

Ces opérations paraissent évidentes lorsqu’on pratique régulièrement la radio. Elles le sont beaucoup moins lorsque le matériel reste plusieurs mois dans une armoire avant d’être sorti précipitamment lors d’une situation inhabituelle.

La première préparation consiste donc tout simplement à utiliser régulièrement son équipement.

Plusieurs moyens de radiocommunication peuvent participer à un réseau d’entraide, mais chacun doit impérativement rester dans le cadre réglementaire qui lui correspond.

La Citizen-Band

La CB reste accessible sans certificat d’opérateur radioamateur. En France, son cadre réglementaire prévoit notamment 40 canaux préréglés et fixe les caractéristiques techniques et les conditions d’exploitation des postes. Une station CB fixe ou mobile peut donc constituer un maillon intéressant d’un réseau local ou plus étendu, en fonction de son installation et des conditions de propagation.

Le PMR446

Le PMR446 constitue une solution particulièrement simple pour les communications de proximité. La bande 446 à 446,2 MHz peut être utilisée sans autorisation individuelle lorsque les équipements respectent les conditions techniques réglementaires applicables. Ces utilisateurs ne bénéficient cependant d’aucune protection contre les brouillages. Pour un quartier, une manifestation, une petite commune ou un groupe de bénévoles, le PMR446 peut donc représenter un moyen pratique de maintenir des liaisons locales.

Les radioamateurs

Les radioamateurs disposent de possibilités techniques beaucoup plus étendues et de compétences souvent importantes en matière d’antennes, de propagation et de communications. L’utilisation des bandes du service amateur reste cependant soumise à la réglementation correspondante. L’ANFR organise notamment les examens donnant accès au certificat d’opérateur et gère l’attribution des indicatifs radioamateurs. Chaque opérateur doit donc utiliser uniquement les moyens et fréquences auxquels il est légalement autorisé à accéder.

Imaginez une coupure électrique. Votre poste fixe fonctionne parfaitement… mais son alimentation 230 volts vient de s’arrêter. Votre station est alors immédiatement indisponible. L’autonomie énergétique constitue donc l’un des éléments les plus importants d’une station préparée.
Selon le matériel utilisé, plusieurs solutions peuvent être envisagées :

  • batteries rechargeables ;
  • alimentation 12 volts autonome ;
  • batterie auxiliaire ;
  • batteries externes adaptées ;
  • système de recharge ;
  • dispositif solaire approprié ;
  • groupe électrogène lorsque son utilisation est possible et réalisée dans des conditions de sécurité adaptées.
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L’objectif n’est pas nécessairement de disposer d’une installation complexe.
Il est préférable d’avoir une solution simple que l’on connaît parfaitement plutôt qu’un système sophistiqué jamais testé.

Pour une station souhaitant réellement participer à un dispositif d’entraide, viser une capacité d’autonomie de plusieurs heures et, lorsque cela est possible, pouvoir prolonger le fonctionnement sur 24 à 48 heures constitue un objectif intéressant de préparation.

Un excellent émetteur-récepteur associé à une installation d’antenne médiocre donnera rarement de bons résultats. L’antenne, son emplacement, le câble coaxial, les connecteurs et l’environnement immédiat jouent un rôle considérable.
Une station fixe devrait donc vérifier régulièrement :

  • l’état de son antenne ;
  • ses fixations ;
  • ses connecteurs ;
  • son câble coaxial ;
  • son adaptation au poste utilisé ;
  • et la qualité réelle des communications obtenues avec les stations environnantes.

Un essai réalisé en période normale permet également de connaître les zones que l’on parvient à joindre et celles qui restent difficiles.

Ce n’est pas le jour où les communications deviennent nécessaires qu’il faut découvrir la portée réelle de sa station.

Une station préparée ne devrait pas dépendre d’un seul élément. Un câble défectueux, une batterie vide ou un microphone en panne peut rendre tout le dispositif inutilisable.
Sans constituer un véritable atelier de réparation, il peut donc être judicieux de conserver quelques accessoires élémentaires :

  • un microphone ou équipement compatible de secours ;
  • des fusibles adaptés ;
  • des câbles d’alimentation ;
  • des connecteurs utiles ;
  • un chargeur ;
  • une lampe autonome ;
  • des piles ou batteries supplémentaires ;
  • et éventuellement un second poste portable.

Là encore, l’objectif est la simplicité et l’efficacité.

Dans notre monde numérique, deux objets très simples conservent une grande valeur : un carnet et un stylo. Lorsqu’un message doit être retransmis, il est préférable de le noter plutôt que de compter uniquement sur sa mémoire.
Une station devrait pouvoir relever au minimum :

  • l’heure du message ;
  • l’identité ou l’indicatif de la station appelante ;
  • sa localisation ;
  • le contenu précis du message ;
  • le destinataire éventuel ;
  • l’heure de retransmission ;
  • et les suites données.

Un message entendu approximativement puis retransmis de mémoire peut rapidement être déformé.

Dans une situation sensible, la précision est plus importante que la rapidité.

Une communication utile n’a pas besoin d’être longue. Elle doit être claire, courte et structurée.
Avant d’appuyer sur le microphone, l’opérateur devrait pouvoir répondre à quelques questions :

  • Qui suis-je ?
  • Où suis-je ?
  • Que se passe-t-il ?
  • Qui est concerné ?
  • Quel est le besoin ?
  • À qui cette information doit-elle être transmise ?

Il faut également apprendre à écouter. Une fréquence occupée par de nombreuses stations dans le désordre devient rapidement inexploitable. Une bonne discipline radio repose donc sur quelques principes simples.

Écouter avant d’émettre, parler distinctement, rester bref, ne transmettre que des informations utiles et laisser la priorité aux communications réellement importantes.

Une station isolée n’est pas un réseau. L’intérêt de la démarche développée par la F.F.A.R.A.S. est précisément de permettre progressivement d’identifier les personnes et les moyens radio susceptibles d’être disponibles sur le territoire.

La Fédération développe pour cela la carte :

« SITUATION DES STATIONS DE RÉSEAU D’URGENCE POSSIBLES EN FRANCE »

Cette démarche permet de recenser, sur la base du volontariat, différentes stations et opérateurs susceptibles de participer à cette logique de préparation et d’entraide. Plus le maillage territorial sera important, plus il deviendra possible d’identifier les secteurs disposant de moyens de radiocommunication.

Une station d’urgence potentielle ne doit pas uniquement exister sur une carte. Elle doit pouvoir fonctionner. La F.F.A.R.A.S. encourage donc une logique d’essais réguliers.
Il peut être utile, par exemple, de vérifier périodiquement :

  • que le poste fonctionne ;
  • que les batteries sont chargées ;
  • que l’alimentation autonome est opérationnelle ;
  • que l’antenne est en bon état ;
  • que plusieurs correspondants peuvent être joints ;
  • et que l’opérateur maîtrise toujours son matériel.

À terme, des exercices radio organisés entre plusieurs stations pourraient également permettre de tester le maillage, les procédures et les capacités réelles de transmission.

Un réseau efficace ne s’improvise pas : il s’entraîne.

Toutes les situations ne permettent pas de rester derrière une station fixe. Une petite solution radio transportable peut donc compléter utilement une installation principale.
Sans chercher à emporter trop de matériel, un ensemble simple pourrait comprendre :

  • un poste portable adapté ;
  • une ou plusieurs batteries chargées ;
  • un chargeur ou une alimentation autonome ;
  • les accessoires indispensables ;
  • un carnet ;
  • un stylo ;
  • une lampe ;
  • et les principales informations nécessaires à l’utilisation du réseau.

Ce type de préparation peut également être utile lors d’une assistance radio ou d’un exercice.

La volonté d’aider ne dispense jamais du respect des règles.
Une station participante ne doit pas :

  • utiliser une fréquence pour laquelle elle n’est pas autorisée ;
  • augmenter illégalement la puissance de son matériel ;
  • perturber les communications des services officiels ;
  • se présenter comme un service de secours ou une autorité publique ;
  • diffuser des informations non vérifiées ;
  • prendre des initiatives susceptibles de gêner les opérations officielles.

La F.F.A.R.A.S. souhaite promouvoir une radiocommunication responsable, réglementaire et complémentaire des moyens existants.

L’entraide commence également par le respect des compétences et des responsabilités de chacun.

Posez-vous quelques questions.

  • Mon matériel fonctionne-t-il aujourd’hui ?
  • Puis-je l’alimenter en cas de coupure électrique ?
  • Ai-je déjà testé sa portée réelle ?
  • Est-ce que je connais d’autres stations dans mon secteur ?
  • Suis-je capable de transmettre correctement un message ?
  • Mes batteries sont-elles chargées ?
  • Saurais-je utiliser mon installation sans Internet pour rechercher la notice de mon poste ?
  • Ai-je les informations essentielles à disposition sur papier ?

Si plusieurs réponses sont négatives, il ne s’agit pas d’un problème. Cela signifie simplement qu’il existe encore quelques étapes pour transformer une installation radio de loisir en station véritablement préparée.

La F.F.A.R.A.S. ne cherche pas à créer un réseau parallèle aux moyens officiels de sécurité et de secours. Elle souhaite rassembler les compétences, favoriser la connaissance mutuelle des opérateurs, développer la préparation et valoriser la radiocommunication comme outil d’entraide et d’intérêt général. Radioamateurs, cibistes, utilisateurs de PMR446, radio-clubs, associations ou simples passionnés peuvent tous, dans le respect de leurs possibilités et de la réglementation, contribuer à cette réflexion. Car une station utile n’est pas nécessairement la plus puissante ni la plus impressionnante.

C’est avant tout une station qui fonctionne, un opérateur qui sait l’utiliser et un réseau qui sait s’organiser.

Et cette préparation commence maintenant, lorsque tout fonctionne encore.

Si vous le souhaitez, vous pouvez laisser un commentaire en bas de cette page.
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Rédacteur: Jean NEURDIN – Création F.F.A.R.A.S ©
Fédération France Alliance Radiocommunication Assistance Signaleurs ®

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